Elle nous en met plein la vue

Par Martine Doyon
Photographe professionnelle
Crédit photo (photos portrait d’Émilie): Michel Huneault – http://michelhuneault.com/
Autres photos: travail d’Émilie Pelletier
Les photos d’Émilie Pelletier ressemblent à ce qu’elle est: authentique et sensuelle. Photographe montréalaise – originaire de Québec – dont le travail paraît entre autre dans les magazines depuis une dizaine d’années, Émilie signe de façon très personnelle des photos aux teintes chaudes, aux couleurs pleines d’audace et expressionnistes.
Elle crée des atmosphères chaleureuses en jouant avec une mise au point sélective et elle sait aussi surprendre avec ses cadrages. C’est tout de même d’abord son approche humaine qui fait que le travail de cette photographe est particulièrement touchant et qu’il ne nous laisse pas indifférents. La proximité qu’elle arrive à avoir avec ses modèles fait ressortir le naturel des gens. Leurs rires, leurs sourires. Les images d’Émilie sont des rencontres et elles nous transmettent tout autant l’essence de ses sujets que l’éclat d’un moment.
Kalibre: Pour voir le large éventail du talent de cette photographe d’expérience, qui y est pour beaucoup dans l’image de Kalibre et avec qui on adore travailler, visitez le: http://www.emiliepelletier.ca/
Créateur de changement, sculpteur de pays

Crédit photo: Émilie Pelletier: www.emiliepelletier.ca
Texte: Kalibre
Cette fois-ci, on triche un peu…non, Armand Vaillancourt n’est pas un artiste émergent, mais on avait envie de rendre hommage à ce créateur plus grand que nature, et de vous laisser savoir que son œuvre se balade peut-être près de chez vous !
De la Côte Ouest des Etats-Unis à l’Abitibi, il a été de toutes les luttes, de toutes les manifestations, pour défendre les droits des opprimés et la liberté sous toutes ses formes. Mais surtout, il n’a jamais cessé de créer, dans toutes les conditions, à tout prix…et continue de le faire, dans son implication auprès des jeunes, se servant de l’art comme diffuseur, haut-parleur, projecteur, arme inégalée dans le combat qu’il mène pour les idées, la créativité et le droit de s’exprimer, aux quatre coins de la province.
À 80 ans, Armand Vaillancourt demeure le plus jeune de nos créateurs engagés, de par son instinctivité, sa fougue, son énergie brute, indomptée. Un esprit ardent et passionné dans l’art comme dans la vie, et ce depuis plus d’un demi-siècle ! L’une de nos dernières légendes vivantes.
Contrairement aux Borduas, aux Riopelle et aux autres grands créateurs issus de cette ère d’émancipation, il a droit, de son vivant, à une rétrospective de son œuvre rassemblant sculptures, peintures, estampes, dessins, assemblages et esquisses. Sculpture de masse, l’exposition la plus complète jamais présentée au Québec, a été mise sur pied par le Musée du Bas St-Laurent, avec le soutien de quelques collectionneurs qui ont bien voulu prêter, le temps d’une tournée, leurs précieuses acquisitions. « Cette idée est née d’un coup de cœur de l’équipe, à l’interne. M. Vaillancourt est un grand ami du musée, il collabore aux activités, est toujours positif, en plus d’être un artiste de renom » de mentionner Jean-Marc Beaulieu, Chef des opérations au Musée du Bas-St-Laurent, « À l’origine, l’exposition a été présentée au musée, puis a pris une année à monter, tellement elle est volumineuse ».
Une imposante rétrospective à l’image du prolifique créateur : riche, éclectique, colorée, plurielle, dans laquelle l’art est sans cesse réinventé et jamais pris pour acquis. Selon la présentation de l’exposition préparée par le Musée du Bas-St-Laurent, elle représente « les différentes périodes de la carrière d’Armand Vaillancourt, (et) comprend des pièces sélectionnées qui reflètent l’incroyable diversité et étendue de son art ». Ce passage, à lui seul, témoigne de l’importance du leg de Vaillancourt : « L’abstraction au Québec, du point de vue des historiens, implique nécessairement les Automatistes de Paul-émile Borduas et le Prisme d’Yeux d’Alfred Pellan, mais ne peut exister sans les individus, les artistes qui comme Armand Vaillancourt, ont permis d’élargir, grâce à leur présence sur la scène des arts visuels du Québec, le vocabulaire de l’art contemporain [1]».
Après voir débuté en 2007 sa marche à travers le pays d’Armand Vaillancourt, Québec qu’il n’a jamais délaissé, en s’arrêtant à Montréal, Val d’Or, Mont Saint-Hilaire, Jonquière et Hull (incluant une incursion à Moncton), Sculpture de masse poursuivra son chemin jusqu’en 2011. Sculpture de masse vient tout juste de quitter le Musée minéralogique et minier de Thetford-Mines, région qui a vu naître ce sculpteur/peintre/artiste-tout-à-tout à la langue bien pendue. Du 1er juin au 15 octobre prochain, c’est à La Maison du granit, au Lac Drolet, près de Mégantic, qu’on pourra admirer toute la complexité de l’œuvre de Vaillancourt.
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Selon le principal intéressé: « la création nous aide à grandir, à nous transformer, à nous rendre plus lucides aussi, par l’introspection. Ça donne un sens à la vie. Elle devrait aiguiser notre conscience universelle et notre esprit critique face aux enjeux et défis du XXIe siècle. La création est pour moi synonyme de changement ».
On dit que tant qu’on crée, on reste jeune et que tant qu’on parle de nous, on est vivant. Armand Vaillancourt semble donc être condamné à rester un jeune immortel…
Calendrier 2010-2011 de l’exposition itinérante Sculpture de masse au Québec:
Du 21 janvier au 25 avril 2010 – Musée minéralogique et minier, Thetford Mines
Du 1er juin au 15 octobre 2010 – La Maison du granit, Lac Drolet
Du 23 octobre 2010 au 6 fév 2011 – Musée d’art contemporain de Baie Saint-Paul
Du 20 septembre au 18 nov 2011 – Ville de Québec
Site de la Fondation Armand-Vaillancourt: www.fondation-armand-vaillancourt.com
[1] Tiré de : http://www.mbsl.qc.ca/expod.php?e=NTI=
Photo: Main du monument El Clamor 1985 : sculpture-fontaine d’Armand Vaillancourt exposé à Saint-Domingue en République-Dominicaine évoquant la répression dans les pays latino-américains. Toutes les images des oeuvres de la rétrospective nous ont été fournies gracieusement par le Musée du Bas-St-Laurent.
Voyage dans l’imaginaire

Par Armand Vaillancourt
Sculpteur, peintre et être humain engagé
Crédit photo : Émilie Pelletier
Chers amis et les autres,
Voici le témoignage d’un après-midi intemporel à la rencontre de Patrick Ropars, sculpteur d’étain basé à Berthierville, dans Lanaudière.
Le voyage vers Berthierville fut très agréable. Sur la route, nous avons vu beaucoup d’arbres…ça me rappelait ma jeunesse lorsque j’étais bûcheron sur notre ferme de Maple Grove, dans les Cantons-de-l’Est. Sans le savoir, nous avons choisi une ville qui était en train de devenir mythique, grâce à notre championne olympique Joannie Rochette.
À l’arrivée, une belle maison quatre fois centenaire, près du bord de l’eau, nous attendait. Aussitôt les pieds dans la maison, je me suis retrouvé dans une galerie d’art ! Je fus surpris, mais vite réconcilié ; Patrick Ropars et sa compagne, Louise Lefebvre nous ont accueillis à bras ouverts.
Une visite guidée fut mise en marche. Patrick nous a fait visiter son atelier à l’arrière de la maison, collé contre le logement où a déjà vécu le père de Dominique Michel. Là, il nous a montré ses outils de travail et a fait une démonstration de son talent en martelant et travaillant une pièce d’étain sous nos yeux. La matière, malgré son impression de force, est facile à modeler. L’effet rendu, lorsque poli, a une allure moderne et agréable à l’œil. C’est ainsi que plusieurs formes évocatrices (poisson, danseuse, mandragore, escarpin, etc.), fruits de l’imagination de leur créateur, surgissent de l’étain. Ses sculptures, actuellement de petit ou moyen format, pourraient facilement devenir des monuments publics, en changeant les techniques.
Une idée pour Patrick: à chaque sculpture terminée, la photographier et écrire un texte pour l’expliquer, car il a une histoire à raconter pour chacune de ses pièces. Son oeuvre deviendra alors une sculpture littéraire ! Je lui propose également qu’une plus grande partie de sa maison soit consacrée à son atelier, pour laisser plus d’espace à la création…
Bonne continuation Patrick, vieillis bien !
N.B : Je vais toujours appuyer ceux qui veulent s’exprimer. L’important pour tous les êtres humains est d’avoir cette liberté chérie de penser, de dire et de faire, sans regard au jugement des autres.
En terminant, Picasso disait : « dans chaque enfant, il y a un artiste. Le problème est de savoir comment rester un artiste en grandissant ».
Kalibre :
Le 25 février dernier, une soirée bénéfice « La soirée olympique » pour appuyer le patinage artistique dans la région s’est déroulée au club de golf de Berthier. À travers de nombreux lots, une sculpture créée par Patrick Ropars pour l’occasion et intitulée « Joannie Rochette aux jeux de Vancouver 2010 », en l’honneur du tour de force réalisé par la jeune femme à Vancouver, a été tirée. « J’ai opté pour une création qui serait à la fois un clin d’oeil au patinage artistique féminin et à Joannie, avec des éléments scintillants rappelant les paillettes se son costume. J’ai taillé à l’arrière un forme rappelant une jambe avec le patin dressé vers le haut et j’ai collé sur la lame du patin les anneaux olympiques », d’expliquer le sculpteur, très fier de s’impliquer dans cette cause.
Tous les profits générés par les 250 participants à cette soirée seront versés à: Loisirs Île Dupas (en charge de la création du parc Joannie Rochette), à l’organisme Les Amis de Joannie (qui appuie la patineuse artistique depuis des années) et au club de patinage artistique de Berthierville. Une belle initiative pour encourager la relève de la région, qui a été mise sur pied par M. Alain Belhumeur, directeur du Musée Gilles-Villeneuve de Berthierville.
L’aréna de Berthier a également été rebaptisée « Aréna Joannie Rochette » par les maires de Berthierville et de La-Visitation-de-l’Île-Dupas.
Toute la communauté de Berthierville et de Lanaudière a été directement touchée par l’histoire de Joannie Rochette et de sa famille. Plus de 800 personnes se sont déplacées lors des funérailles de la mère de Joannie, le 4 mars dernier.
Autres liens:
L’art contemporain présenté dans une maison ancestrale à Berthierville : http://galeriegalera.com/
Fondation Armand Vaillancourt : http://www.fondation-armand-vaillancourt.com/?q=node/66
The Icing on the Cake

Par Heidi Hollinger
Photographe
www.heidihollinger.com
Texte original d’Heidi:
Simon Normand
…is the most creative young talent. He is bursting at the seams with ideas, desire, passion. He encompasses the modern renaissance man, a man of all trades; a sharp and edgy photographer with borderless energy and enthusiasm; an inspired make-up artist and, when he gets a chance, a star retoucher, and an ingenious graphic designer.
And for me, the icing on the cake is his incredibly kind soul.
Texte traduit:
Simon Normand
…est un jeune talent des plus créatifs. Il explose de toutes parts d’idées, de désirs, de passion. Il représente l’homme à tout faire de l’ère moderne, un homme de tous les métiers; un photographe précis et edgy, qui possède une énergie et un enthousiasme sans bornes ; un artiste maquilleur inspiré et même, à ses heures un maître retoucheur et un graphiste ingénieux.
Et selon moi, son âme, d’une incroyable gentillesse, est la cerise sur le gâteau.
Kalibre:
Il a 28 ans, est originaire de la région de Montréal. Il s’intéresse au glam, à la femme, à la beauté et à la mode depuis son plus jeune âge.
À travers sa passion pour le dessin, il s’imprègne de la morphologie des visages, ce qui le mène tout naturellement à faire ses premiers maquillages…vers l’âge de 6 ans ! Cet art de combiner la photographie et le maquillage fait aujourd’hui de Simon un photographe unique et très prometteur.
Pour découvrir les plus récentes images de Simon Normand, visitez le: http://www.simonnormand.com
À l’interstice du sédentaire et du nomade

par Pascal Caputo
Artiste-peintre
À l’ère d’une société postindustrielle, la peinture de Francis Koch repose sur les problématiques spatio-temporelles issues des modèles sociaux de notre époque. Utilisant le concept du nomadisme comme trame de fond dans ses toiles, Koch, peintre ‘humaniste’, remet en question les modes de vies actuels, qu’il qualifie de centralistes et sédentaires.
Les travaux de Koch prennent vie par le mouvement, donc par le voyage. Ainsi, plusieurs paysages y sont représentés et parfois fusionnés en un monde réinventé. À partir de nombreux déplacements en sol étranger et familier (Montréal), Koch compose ses tableaux à partir d’une multitude d’images et d’artéfacts accumulés au cours des années et de ses voyages passés. Cet échantillonnage temporel, qui est en quelque sorte le prolongement du voyage, est directement collé ou peint dans un aspect graphique sur un fond aux allures d’un bad-painting ‘Jasper Johnnien’! De plus, à l’aide de pochoirs et de collages, il utilise le langage de la signalétique pour construire un réseau complexe de flèches et d’inscriptions de manière quasi obsessionnelle dans chacun de ses tableaux.
Kalibre: pour voir Francis faire une toile en direct, et nous raconter son parcours de peintre nomade, visionnez ce video:
Par ces associations d’images, Koch cherche à créer une interaction entre les contextes spatio-temporels que sont les modes de pensées nomades et sédentaires, afin de mettre en relief les tensions qui existent entre eux, mais aussi pour en proposer une nouvelle représentation, en illustrer un nouveau paysage, en suggérer un tout autre paradigme social.
Telles les ‘storias’ (icônes religieuses) racontant le Chemin de Croix, chaque tableau de Koch devient une sorte d’histoire référentielle et suggestive de l’esprit nomade. Il ne s’agit toutefois pas d’une narration claire et établie. Le travail de Koch est, bien au contraire, une œuvre ouverte laissant place à l’appropriation et à la libre interprétation narrative. Il s’agit ici de voyager sur un chemin que l’on doit découvrir par soi même!
Le fait de peindre est, pour Francis Koch, plus qu’une simple prise de position. Il participe de façon directe à un engagement social.
:: Pour explorer l’univers riche et texturé de Francis Koch, artiste peintre et illustrateur d’origine canado-suisse établi à Montréal, faites un petit détour par le : http://www.franciskoch.com/ ::









































