C’est toujours une agréable surprise de rencontrer des artistes aussi talentueux que le jeune Maxime Plamondon, grand conteur de la région de Stoneham. Malgré ses 19 ans, c’est une voix d’homme pleine de maturité qui m’a permis de réaliser une entrevue pour le moins surprenante. Originaire de Stoneham même, Maxime aime raconter des histoires mettant en scène son propre village et ses habitants frôlant toujours la limite entre le réel et le fictif.
BIANCA | KALIBRE : J’aimerais savoir pour débuter, comment on en vient à devenir conteur?
MAXIME : Il y a plusieurs facteurs qui mènent à ça, je me rappelle quand j’étais plus jeune, j’étais ici à l’école (…) et qu’après les cours, à la garderie les jeunes étaient tannants, les éducatrices me prenaient, m’assoyaient sur une chaise puis elles me disaient « conte »! Les jeunes venaient s’asseoir puis ils m’écoutaient. Je leur disais n’importe quoi dans ce temps là, je ne connaissais pas d’histoire. Faut croire qu’ils trouvaient ça drôle parce qu’ils restaient assis! C’est un paquet de facteurs, je suis quelqu’un qui a une grande gueule, c’est sûr que d’avoir la parlure en bouche ça aide un peu.
Écrivez-vous vos propres histoires?
Je me base sur des choses que mon père m’a contées, que mon grand-père m’a contées, sur des bouts de « tounes », sur des affaires totalement pas rapports qui me viennent comme ça. Des inscriptions sur des boîtes de céréales par exemple. En général, ce sont surtout des petites choses qui allument une flammèche intérieure puis l’histoire part comme ça et se développe d’elle-même. À un moment donné, tu veux t’arrêter puis tu n’es plus capable. Des fois je veux dormir un peu mais ça part pareil.
Comment le public québécois reçoit-il le conte en général?
Ça dépend du type de public, il y a des gens qui voient le conte comme une forme d’humour, il y a aussi des gens qui s’intéressent un peu plus à l’histoire qui voient le conte comme le folklore. La perception populaire envers les conteurs est peut-être un petit peu négative par rapport à ce qui se fait actuellement. Quand les gens entendent le mot conteur, ils voient tout de suite un gars en chemise carreautée qui va te conter une histoire de bûcherons dans une cabane à sucre, ce qui n’est pas du tout ça. Personnellement j’essaie de ne pas m’accoler cette étiquette là, traditionnelle. Je joue beaucoup avec les mots, j’essaie de donner une image avec ces mots là et non de donner une image en mettant une chemise carreautée. Tranquillement pas vite, les gens s’ouvrent à la renaissance du conte, notamment avec Fred Pellerin qui a cassé beaucoup de préjugés avec les siens.
Les gens doivent s’attendre à quoi à propos de votre spectacle?
Les gens peuvent s’attendre à un bombardement verbal… incongru. Il y a beaucoup de mots que les gens vont entendre pour la première fois de leur vie. Je suis un conteur qui y va beaucoup avec les métaphores. J’adore ça. Je suis un conteur extrêmement anachronique, on va mélanger le passé et le présent. Les gens peuvent s’attendre à une mosaïque temporelle, de mots, de lieux… Ils peuvent aussi s’attendre à voir Stoneham sous une facette qu’ils ne voient pas. Les gens connaissent Stoneham à cause du centre de ski, à cause de la 175 où tu as 30 personnes qui se « pètent la gueule » à chaque année à cause d’un orignal. Je me fais un plaisir, même un honneur de montrer que Stoneham a un côté underground. J’essaye de leur « pitcher » du rêve un peu comme un peintre qui garoche de la peinture sur sa toile, moi je leur « pitche » du rêve en pleine face. J’essaye aussi de créer un doute, des fois je dis des choses, j’essaye d’être convaincant le plus possible. À la fin il y a des gens qui me demandent : « L’université de Stoneham, c’est tu vrai que ça existait? ». Quand le doute s’installe comme ça, que la frontière entre le réel et l’imaginaire est vraiment en train de lâcher, ma job est faite. C’est ma récompense.
Quels sont vos projets à venir?
J’ai l’intention de mettre du conte au théâtre. Mon spectacle du mois de novembre était un test pour le gros show qui va avoir lieu l’année prochaine. J’ai l’intention de circonscrire la frontière entre le théâtre et le conte, encore plus profondément. Ça demande beaucoup de temps, ça demande beaucoup de préparation, mais ça pourrait être intéressant.
KALIBRE : Les gens de Trois-Rivières auront la chance de voir Maxime au Concours de la Meilleure Menterie, le 20 janvier prochain à 19h, à la Maison de cafés Le Torréfacteur, 1465, rue Notre-Dame Centre. Un jeune artiste très prometteur à surveiller!
Pour rester à l’affût des prochaines dates de spectacle :
www.maximeplamondon.com









