3 juillet 2011
Seigneur, dernière journée, on voudrait parler de tout, mais impossible! Cruelle heure des choix… alors on se lance :
Que le Grand Tick me Tock!
Un « patenteux » débridé d’Ottawa, qui en est à sa 2e année au FIMA… et fait chaque fois jaser. Il faut dire que le mec est un spécimen, et que ses œuvres montées à partir de tonnes de pièces recyclées sortent tout autant de l’ordinaire.
Quelques œuvres qui attirent l’attention du public cette année : le mechanical heart et le bleeding heart, son robot plus grand que nature.

… et l’autre robot, aux mœurs un peu plus « lousses », créé pour sa première exposition « Sexpo ‘97 ». « Je voulais me faire remarquer » explique-t-il… et ça a fonctionné, avec plusieurs parutions dans les médias et beaucoup de bruit autour de ce robot qui se donne du plaisir. Petite vidéo sur notre Page Facebook.
Pour lui, le FIMA est : « as great as always! There is so much here, all amazing artists. And what I really like : people are passionate, they look really deeply at your work, it’s incredible! ». Quelques minutes plus tard, une dame à l’accent latino s’est mise à pleurer lorsque Tick Tock Tom a actionné son cœur mécanique : « Oh! mi corazon, mi corazon!… ». L’artiste aussi a semblé ému : « c’est la première fois que quelqu’un pleure en voyant une de mes œuvres ». www.ticktocktom.com
Un virtuose du 3D
Nous avons nommé : Chopin, un incontournable du FIMA, avec ses mosaïques 3D minutieuses, hyper modernes et originales. « Avant, je dessinais au airbrush et je voulais faire un effet 3D. Je plafonnais dans cette approche avec le airbrush et j’y ai pensé pendant un mois… puis j’ai pensé à la vitre, à l’idée de m’en servir pour montrer les couches et j’ai travaillé là-dessus une soirée de temps, comme un fou ». Une nouvelle technique était lancée, où il fait tout : traitement vectoriel, création, usinage du plexiglas (coupe, pollissage), la coupe des différentes couches de plastique acrylique, l’assemblage et la disposition, pour mener à la création finale.

L’artiste, qui a travaillé par le passé dans une agence multimédia et un magazine, a toujours dessiné énormément, fais du airbrush, de la sculpture, s’amuse depuis 2008 avec le thème des mondes virtuels. « Tous les portraits qu’on voit proviennent de réseaux sociaux : je les déconstruisais, les remaniait et ensuite les publiait en taggant les personnes… je voulais sensibiliser à la notion de vie privée versus monde virtuel, en « agressant » presque leur intimité, pour leur faire réaliser qu’il y a un risque à tout mettre sur nos profils virtuels ». Et en effet, l’expérience n’est pas passée inaperçue et les principaux intéressés ont fortement réagi.
Ses dernières œuvres – impressions sur plexiglas – réfèrent aux nanotechnologies, un thème qui va boucler la boucle avec les mondes virtuels. « Je suis très inspiré par la limite de la folie, le moment où on bascule vers quelque chose d’extrême. La folie du monde dans les univers virtuels. Il va sûrement y avoir de nouveaux types de problèmes mentaux dans l’avenir, avec les mondes virtuels et les doubles vies que les gens s’y créent ».
À surveiller :
- une installation nocturne, où le public découvrira le jour des sculptures qui vont émerger d’endroits loufoques, en donnant l’impression de passer à travers la matière
- et une création collective avec Tick Tock Tom, qui risque d’être assez éclatée.
Pour en savoir plus : www.oxbolab.com
Personnages de papier
Chadi Ayoub travaillait comme scénographe sur le décor d’une pièce de théâtre pour marionnettes quand il est tombé par hasard sur une nouvelle technique, qu’il a fait sienne.
Depuis ce jour (1999), le libanais d’origine modèle dans de la pâte de papier recyclé des personnages magnifiques, qui représentent « la diversité de Montréal, les mutations entre générations et cultures ». Il crée avec le papier recyclé une sorte de pâte de papier argile. « Quand j’exerce une force sur la pâte, l’encre ressort et c’est ce qui donne la couleur »… et explique ce fini qui ressemble à de la pierre. Il est au Québec depuis 6 ans, mais fait sa première expo ici avec le FIMA.
On aime! www.zone-art.ca/artiste/chadi-ayoub

Le grand couronnement
À quelques heures de couronner les grands gagnants de cette année, petit retour sur les « élus » de l’édition 2010 :
Belo – Grand Prix 2010 : avec sa technique de « fractionnisme » unique, les œuvres hyper détaillées et soignées de Belo continuent de faire tourner les têtes cette année et son kiosque ne dérougit pas!
Quelques mots sur le FIMA, Belo? « Le FIMA, c’est ma maison », dit-il. On n’en saura pas plus. Il faut dire que ses innombrables discussions avec les milliers de personnes qui défilent et le soleil qui tape, ça rend moins bavard. Pour voir toutes ses œuvres : www.belostudio.com

Daniel Erban – Prix Excellence 2010. Parcours surprenant que celui de cet artiste qui fait de l’art depuis sa 11e année, et a reçu l’enseignement des Molinari, Yves Gaucher, Jones et Gauguin à Concordia. Puis une prise de conscience existentielle lui fait réaliser qu’il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus. « Et I’m a chicken, alors j’ai continué les études, en sciences », dit-il. Il est ainsi devenu prof de maths au Cégep. Puis nouvelle crise existentielle : « comme c’était difficile d’être créatif dans ce milieu, j’ai décidé de faire de la recherche et de retourner vers les arts. J’ai vu ma situation comme un bateau qui coule et me suis dit : c’est mieux si je sauve l’art! ».
Il en est à sa 7e édition au FIMA. « It’s my community : if you can’t present your work to your community, where would you go? ». ll voit les arts comme un domaine de recherche. « That’s my art : challenging, questionning ». Il exploite le behind the scenes : sexualité, identité, violence, injustices. « I’m a subject driven artist. I’m interested in strong visuals ».
L’homme est en effet très fort en images, en phrases qui punchent. Il est d’ailleurs l’auteur de notre citation du jour :
:: Don’t talk about Picasso, Riopelle : they don’t need it! ::
www.angelfire.com/art2/danielerban/

Hélène Cenedese – Prix Découverte 2010 (son expo est à la Galerie Dentaire jusqu’au 12 juillet). Elle a passé 1 ½ an dans le Grand Nord – ce qui explique la récurrence des igloos dans ses œuvres — et travaille à temps partiel comme travailleuse sociale avec les personnes en perte d’autonomie, surtout âgées. « J’adore ma job, elle m’inspire! Le reste du temps, je suis dans mon atelier : le set-up parfait! Je travaille sur les thèmes de la mémoire, la solitude ». On retrouve donc dans ses œuvres abstraites des scènes de TV dinner, de froid, d’absence, le vide des personnes qui vivent seules, des toiles œuvres teintées de ce côté nordique, un peu dark, minimaliste. « Je dessine beaucoup les têtes, et les traits, marques (mark making) reviennent aussi souvent » avec parfois ce petit côté enfantin, presque naïf.

François Fortier – Coup de cœur du public 2010. Il a commencé à peindre à l’âge de 9 ans (et en a maintenant 56!). Ses œuvres sont teintées de l’influence du milieu de la mode, avec les tissus et textures qu’on y retrouve, lui qui a été dessinateur de mode spécialisé dans le manteau pour femmes pendant 25 ans.
« Aux 10 ans, je change de médium » explique-t-il. J’ai fait des paysages, utilisé la spatule, le crayon de plomb, et là ce sont les portraits de femmes. Je suis de l’époque « années ‘80 », j’ai beaucoup aimé Grace Jones… qu’on semble retrouver d’ailleurs dans chacun de ses portraits.

Et ce soir, dès 20 h, aura lieu la remise de prix du FIMA! Grand Prix 2011, Prix Excellence, Prix Découverte… Prix de la Relève, remis par Kalibre!
À suivre demain, pour la conclusion…


















