Jérôme Havre est véritablement un artiste touche-à-tout. Pour lui, l’art doit être un tout. Ses expositions sont donc des immersions totales qui appellent à l’éveil des sens du spectateur afin de lui faire vivre une réelle expérience. Jérôme va chercher son inspiration dans « tout ce qui n’est pas européen ». Originaire de France, il explique qu’il a dû s’en éloigner : « pour me sentir un peu plus moi », dit-il. Son travail est ainsi teinté de l’Asie, de l’Afrique, de l’Amérique. On retrouve dans ses différentes œuvres, un fil conducteur qu’est la volonté de provoquer le spectateur tout en lui posant des questions « Je veux des réactions. Pas nécessairement des mots mais des réactions ». Ainsi, Jérôme traite de sujets qui ne laissent pas indifférents tels que la colonisation, les races ethniques et la sexualité. Pour celui pour qui l’art est une véritable thérapie, il est important de mettre en valeur « ce qu’on apprend les uns des autres ». Il puise aussi son inspiration dans les œuvres d’artistes américains comme Glenn Ligon, James Baldwin ou encore David Hammons.
Le voyage comme apprentissage
Lors de son cursus aux Beaux-Arts de Paris qui a duré pas moins de six ans, Jérôme a profité de chaque occasion qu’il a eue d’aller pratiquer son art dans d’autres pays et de le confronter à la culture locale. Il a ainsi obtenu plusieurs bourses qui lui ont permis d’aller se former à New York, à Barcelone ou encore à Berlin. Durant cette période, il a appréhendé plusieurs matériaux et formes d’art. Il vogue ainsi de la sculpture à la photographie, en passant par le dessin, la vidéo et la confection d’objets artistiques. Il est établi depuis maintenant cinq ans à Montréal et ne perd aucune opportunité de faire connaître son art à travers le Canada. Il a ainsi participé à la Nuit Blanche de Toronto, a exposé à Ottawa, à Québec et bien sûr à Montréal. L’année dernière, il a d’ailleurs pu exposer au musée Montréal, Arts Interculturels (MAI) pour son œuvre Insula : Réflexions dans laquelle ses personnages fabriqués de collants et de feutre ont plongé le spectateur dans un autre univers. À ce sujet, Jérôme explique son attrait pour le collant par le fait qu’il soit le textile le plus proche du corps, comme « une seconde peau ».
Où admirer son travail
L’œuvre de Jérôme est en ce moment exposée à Québec et à Laval. Son travail est ainsi présenté lors de l’exposition Peut mieux faire à Québec, à l’Oeil de Poisson jusqu’au 18 décembre. Il s’agit d’une exposition réunissant 65 artistes et créateurs sur un même médium, un symbole au Canada : le fameux cahier Canada Hilroy. Le titre de cette exposition fait directement référence au commentaire de l’enseignant sur le bulletin de notes mais aussi à la quête de valeurs inatteignables comme la perfection. Ces artistes ont eu, comme seule condition, de s’approprier ce cahier et de s’exprimer à travers lui. Jérôme en a ainsi fait quelque chose de très personnel, de très narratif où il s’exprime sur les sujets de l’identité et de la race.
À Laval, il expose parmi d’autres artistes sur le thème de la bestialité dans J’ai vu le renard, le loup, le lièvre. Une cinquantaine de dessins seront ainsi exposés du 4 décembre au 12 février à la salle Alfred-Pellan de la Maison des arts de Laval.

Hiver 2012 : une saison chargée
Une chose est certaine : en hiver, Jérôme Havre n’hibernera pas! Il commencera tout d’abord par une exposition personnelle à la Galerie Donald Browne de Montréal du 7 janvier au 11 février 2012. Il s’agit d’une installation immersive dont le but est de « créer un espace qui a besoin d’appeler tous les sens ». Puis du 19 mars au 13 avril, aura lieu une autre exposition personnelle, Le couvent des oiseaux, qui sera un questionnement sur la colonisation.
Visitez le site internet de Jérôme :
www.foreignbodies.org/jeromehavre/index.html
Pour plus d’informations sur l’exposition Peut mieux faire :
www.oeildepoisson.com
Pour voir l’article intégral réalisé par Kalibre sur Artère :
www.artere.qc.ca/fr/repertoire-des-artistes/artiste-du-mois.php?idArtisteMois=67












