On y mange, on y dort, on y chante, on s’y frenche et s’y engueule. Elle nous fait voir du pays, elle fauche des vies tandis que certains l’utilisent pour en créer de nouvelles, elle nous rend à la fois autonomes et esclaves. Depuis l’apparition de la Ford T en 1909, la voiture fait tant partie de notre mode de vie que rares sont ceux qui questionnent son existence et le rapport qu’on entretient avec elle… et encore plus rares ceux qui l’utilisent dans une performance artistique.

C’est ce que propose cette semaine Auto-Fiction, un « trio chorégraphique pour humains et voiture » qui marie questionnements actuels, danse contemporaine, acrobatie de rue et musique électronique. L’audacieuse performance est présentée à la Place des Festivals, du 17 au 25 juillet, dans le cadre du Festival Juste Pour Rire. « Auto-Fiction, c’est du militantisme soft : on n’essaie pas de choquer mais de faire sourire. On voulait toucher les consciences des gens, mais sans leur faire la morale ou les prendre par la main, ils sont intelligents. On a choisi de passer par l’imaginaire, un véhicule très fort pour sensibiliser à place qu’occupe la voiture dans nos civilisations. Avec ses allures de road movie d’une demi-heure, on y raconte des petites histoires dans lesquelles chacun se reconnaît, le public rit beaucoup pendant la performance » explique Pascal Beauchesne, du LAB, co-idéateur et co-producteur de cet acte d’activisme urbain, dont voici un extrait vidéo :
Produit en collaboration avec le Goethe Institute de Montréal et soutenu par la Biosphère et Alt production, Auto-Fiction, qui a germé dans l’esprit de Pascal Beauchesne et Milan Gervais, de Human Playground – également chorégraphe, réalisatrice et interprète – a ravi le public pour la première fois sur l’Esplanade de la Place des Arts lors de la 10e édition de Mutek en 2009. Puis ce fut au tour du public du OFF Festival TransAmériques, de la Biosphère et des Escales Improbables à être charmé l’été dernier. « Dans Auto-Fiction, la danse contemporaine retrouve ses vieilles amours : la rue et il n’y a pas une autre performance similiaire dans le monde, avec des humains qui prennent une voiture comme scène. C’est une invention québécoise! » ajoute celui qui a contribué à faire éclore cette belle idée et qui maintenant la voit vivre par elle-même et rayonner à l’international, fraîchement revenue du Festival de la cité de Lausanne.
Entre deux épisodes de rage au volant dans le trafic montréalais ou séances de polissage de votre merveille à quatre roues, prenez le temps d’aller voir cette semaine cette fiction dansée au rythme de portières qui claquent, de bon beat et de chorégraphies saisissantes des danseurs (David Albert-Toth Andrew Turner et Milan Gervais, qui sont là depuis les touts débuts, ainsi qu’Emily Honegger, Louliko Shibao et Louise Michelle)
Une œuvre qui décoince, nous apprend à mettre la pédale douce… et à vivre, finalement.
Horaire des représentations – Place des Festivals : disponible sur www.hahaha.montreal.com
Vous voulez faire vivre à un groupe, ou intégrer à un événement cette fable de l’homme et de la machine? Elle poursuit son chemin grâce à l’initiative « Jouer dehors » de La danse sur les routes. Contactez le (514) 465-0604.












