10 ans de voix authentiques

À l’occasion de la 10e édition du Festival Voix d’Amériques (FVA), Kalibre a interviewé sa directrice, une artiste interdisciplinaire et indisciplinée comme son festival : D. Kimm. Fondatrice et directrice des Filles Électriques (LFÉ), qui ont pour mandat de a pour mandat de créer, diffuser et archiver des œuvres artistiques interdisciplinaires liées à la poésie, au spoken word et à la performance, elle insuffle depuis plusieurs années une énergie nouvelle et hyper créative cette scène  et contribue à la rendre de moins en moins underground.

KALIBRE : Les meilleurs mots pour décrire le FVA?

D. KIMM : Audace et transgression, parole authentique et indocile.

KALIBRE : Que nous promet la 10e édition?

D. KIMM : Depuis 10 ans, le Festival Voix d’Amériques, a pris le risque des paroles émergentes et des créations étonnantes. Pour célébrer son 10e anniversaire, du 11 au 18 mars 2011, le Festival ose : deux invités d’honneur — Melissa Auf der Maur et Michel Faubert — et tous les grands spectacles à 10 $ taxes incluses, en plus des festivités gratuites!

Huit jours pour 10 ans de poésie, de sincérité et de transgression!

Des artistes d’ici et d’ailleurs proposent des spectacles uniques à tous les soirs à 20h à La Tulipe ou à La Sala Rossa. Les 5 à 7 band + poésie déménagent au Divan Orange et les Shift de Nuit tiennent le fort à la Casa del Popolo avec des propositions surprenantes et nos fameux micros ouverts. Plus des conférences et une série hors les murs.

KALIBRE : L’unicité du FVA?

D. KIMM : Interdisciplinaire et indiscipliné, le Festival présente essentiellement des productions originales créées pour l’occasion. Privilégiant la transgression et le mélange des genres, le FVA donne place aux voix différentes. Au FVA, on peut entendre tout autant des poètes, des performeurs, des musiciens, des chanteurs, des danseurs, mais aussi des drag queens, des intervenants communautaires, des marginaux, des nouveaux.

Axé au départ sur l’oralité et le spoken word, le Festival a évolué lentement mais sûrement vers la performance, tout en conservant son engagement envers le texte performé par son auteur. Donc en principe pas d’interprètes, que des artistes qui parlent en leur nom. Et en plus on leur demande de prendre des risques et d’essayer des choses différentes! C’est grâce à la générosité des artistes que le FVA est devenu cet événement inclassable et festif : une fabuleuse fête pour ceux qui préfèrent la sincérité.

KALIBRE : Des voix émergentes à surveiller lors de cette 10e édition?

D. KIMM : Les momies de Palerme, Canailles, Sapo, toutes des filles incroyables et allumées.

KALIBRE : Un souvenir marquant depuis que vous êtes à la tête du FVA?

D. KIMM : En 2005 alors que Chloé Sainte-Marie était notre invitée d’honneur. Elle avait invité des aidants naturels à monter sur scène avec elle pour parler de leur cause. C’était toute une transgression et j’étais fière de pouvoir donner la parole à ces personnes qu’on essayait d’oublier. Ça m’a confirmé dans ma volonté de faire entendre des voix différentes. Et Chloé, émouvante, qui nous livrait la poésie de Miron comme on avait jamais crû cela possible. C’est aussi l’année de la création du concept du spectacle Combat contre la langue de bois, cette tribune pour une prise de parole vraie et sincère.

KALIBRE : La vie sans FVA, ce serait…

D. KIMM : Tellement ordinaire. Avec le FVA j’ai voulu faire quelque chose de différent. Un lieu d’expérimentation et de création mais aussi un espace de liberté pour une prise de parole authentique. Mes mots fétiches : audace, transgression, sincérité. Rester libre, ne pas faire de compromis artistiques, ne pas rentrer dans un moule. Surprendre et me surprendre. Donc changer, essayer, se tromper. De toute façon j’adore l’imperfection.

KALIBRE : Un scoop de cette 10e édition?

D. KIMM : Il ne faut surtout pas manquer le Cabaret DADA/Freak Show. On travaille avec Laszlo Kolozsy, d’origine hongroise, né dans une famille de cirque et qui travaille dans le cirque et le side show depuis plus de quarante ans principalement aux États-Unis. Je l’ai débusqué à New York dans une fiesta italienne alors qu’il exhibait deux serpents géants. Il nous enseigne les numéros classiques de side show tels The Sarcophagus of Doom, The Human Pin Cushion, The Escape King, Miss Twisto, Zoltan le Magnifique et Mademoiselle Voltara. Il a amené ses décors et accessoires dont certains historiques et uniques. Ça va être un grand moment, le spectacle qu’il ne faudra pas avoir raté car c’est juste pour un soir.

Pour voir la super programmation des 10 ans de ce festival unique et décadent, qui a lieu du 11 au 18 mars à Montréal, visitez le : www.fva.ca

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