Kalibre a interviewé Claude Chamberlan, fondateur et directeur 40e du Festival du Nouveau Cinéma, le plus ancien des festivals de films au Canada. Un happening innovateur et plein de fraîcheur alliant réalités sociales, évolutions cinématographiques et technologiques dont la réputation n’est plus à faire.
« 40 ans dédiés au cinéma et à son émergence », c’est pas rien! Pour marquer le coup, Kalibre et le FNC lancent un petit concours : écrivez-nous d’ici lundi le 10 octobre 17 h, à l’adresse : concours@kalibrequebec.com en nous disant le nom de la section du FNC dédiée au cinéma de chez nous. Le 40e participant gagnera une paire de billets pour l’excellente 40e édition du FNC, du 12 au 23 octobre!
Échange sur cette édition 2011 avec un épris de cinéma et de différentes cultures, indomptable et indompté, un passionné au flair assumé qui ne se prend pas trop au sérieux.

KALIBRE : Pour vous, le cinéma c’est…
C. CHAMBERLAN : Beaucoup de choses…c’est plus que le cinéma. Et en même temps, on s’en fout comme de l’an 40! (NDLR : clin d’œil au 40e anniversaire du FNC).
KALIBRE : Un film essentiel présenté lors de cette 40e édition?
C.C. : Surviving Progress (Survivre au progrès), de Mathieu Roy et Harold Crooks, pour moi un must, qui m’a touché énormément, un film essentiel pour la survie de notre planète. Je suis très concerné par le pillage de notre planète.
Et il y a le film de Win Wenders (Pina), (NDLR : inspiré de Pina Bausch, danseuse et chorégraphe allemande), je reviens évidemment avec lui car c’est un de mes anges, et : le film de Lars Von Triers (Mélancholia), Le temps retrouvé, pour l’hommage à Raúl Ruiz, 30 tableaux, de Paule Baillargeon, qui m’a tellement touché, celui de Philippe Grandrieux (Il se peut que la beauté ait renforcé notre résolution), et Faust d’Alexandre Sokourov (NDLR : gagnant du Lion d’or à la 68e Mostra de Venise)… il y en a tellement dans chaque section!
BANDE-ANNONCE LONGS MÉTRAGES :
www.nouveaucinema.ca/videos?vid=169&fy=2011
KALIBRE : Pourquoi avoir créé la section Focus (qui célèbre le cinéma de chez nous)?
C.C. : Depuis les débuts du FNC, en 1971, je n’ai jamais voulu faire un enclos pour le cinéma québécois… mais dans tous les grands festivals autour du monde, il y a une section pour le cinéma national. On a lancé la formule il y a 6 ans au FNC avec la section Focus et force est d’avouer que ça crée un lien familial, de complicité, un sentiment d’appartenance… il y a quelque chose de filial, et ça marche fort!

KALIBRE : Les réalisateurs d’ici ont-ils un touche spéciale, une couleur, un regard particulier? Y’a-t-il un truc qui distingue les réalisateurs d’ici?
C.C. : Il y a des cinéastes plus particuliers que d’autres… disons que de tout temps, je cherche un maître/une maîtresse, quelqu’un qui m’allume. Un regard particulier, c’est ça que je recherche chez tous les réalisateurs.
Il faut savoir aussi que j’ai grandi parmi différents milieux, j’ai côtoyé les francophones, les anglophones, et j’ai toujours cherché à me nourrir de différentes cultures. Je suis né près de Kahnawake, à Châteauguay, je suis très proche des cultures amérindiennes et j’ai un petit côté « warrior ». Je n’aime pas me cantonner juste dans notre culture.
KALIBRE : Vos coups de cœur de la section Focus?
C.C. : Je ne peux pas me prononcer, car je ne veux pas influencer le jury pour les films en compétition. Par contre, dans les hors-compétition, il y a Planet Yoga, de Carlos Ferrand, un beau survol pour ceux qui aiment ou ne connaissent pas le yoga. Il y a aussi le film d’Éric « Roach » Denis : Les tickets, l’arme de la répression, qui avait fait l’excellent S.P.I.T. : Squeegee Punks in Traffic, National Parks Project « 13 courts métrages sur 13 parcs nationaux du Canada, très poétique », Rasta, A Soul’s Journey, de Start Samuels, « dans lequel Donisha Prendergast, petite-fille de Rita et Bob Marley, nous emmène aux quatre coins du monde dans un voyage aux sources du rastafarisme, qu’elle présente davantage comme une culture que comme une religion » et Rectum de l’université de foulosophie, de Mathieu Bouchard et François Gourdorowsky, sur la vie d’Alejandro Jodorowsky, qui a fait entre autres le film-culte La montagne sacrée.
KALIBRE : avez-vous quelque chose à dire à la nouvelle génération de réalisateurs et créateurs de notre industrie cinématographique?
C.C. : Les films, rencontres, échanges, déjeuners au festival disent tout ! Que ce soit une histoire d’un soir ou d’une vie.
KALIBRE : Et pour le futur?
C.C. : Je n’ai pas de leçon à donner à personne. Tout ce que je peux leur offrir, c’est le présent.
KALIBRE : Que souhaitez-vous au cinéma québécois de demain?
C.C. : Qu’on le fasse aujourd’hui! Et qu’il y ait un peu plus de folie dans ce qu’on fait. We got only one life to love, and then it’s over… or we just don’t know what it is.
KALIBRE : Pour tout savoir de cette 40e édition et des films présentés dans les différentes sections : (Cartes Blanches, Ouverture et clôture, Sélection Internationale: Louve d’Or, Présentation Spéciale, Panorama International, Focus, Temps Ø, Courts Métrages, Hommage/Rétrospective, Les P’tits Loups, Événements, FNC Lab, FNC Pro), rendez- vous au : www.nouveaucinema.ca
Aussi : pour une troisième année consécutive, une partie de la programmation du FNC, sélectionnée par Michel Savoy, sera diffusée à Québec du 27 au 30 octobre au Cinéma Cartier.
Plus de 292 films produits dans l’année, en provenance de 45 pays, pour célébrer « les cinéastes et créateurs de renommée tout comme les nouveaux venus ».
Bref, un 40e qui promet! Bon anniversaire de rubis au FNC!












