De Paris à Tokyo, les fanas de chaussures haut de gamme se jettent sur ses créations au look rétro dès qu’elles se montrent le bout du talon. Qu’il s’agisse de Charlize Theron, Scarlett Johansson, Cameron Diaz, ou plus près de nous, de Mitsou, les plus belles femmes du monde s’empressent, depuis la sortie de sa première collection à l’automne 2008, d’habiller leurs jolis pieds de « Rousseau ».

Ses escarpins et bottillons de luxe se retrouvent chez les plus grands aux quatre coins du globe, dont les Fred Segal, Barneys, Harvey Nichols. Du p’tit gars de la rue Desruisseaux à Roberval, au Lac Saint-Jean, Jérôme C. Rousseau est devenu, à 32 ans, l’un des designers de chaussures de luxe le plus in de l’heure et habite le chic quartier Beachwood, à L.A., d’où il a une vue imprenable sur le célèbre signe d’Hollywood.
Balèze, le mec. Et pourtant, pas la grosse tête. « C’est un travail tellement énorme, acharné et magnifique… Je suis très heureux de ce qui se produit, tout ce chemin parcouru en un an à peine! Avant, je me disais : « Si je fais le Vogue, je vais célébrer comme un fou! Mais finalement, ça fait partie de ma vie, de mon quotidien… J’ai encore l’impression que si j’arrête de travailler, tout va tomber. C’est sûr que j’ai un enthousiasme fou quand je reçois les premiers échantillons des collections, mais je préfère me concentrer sur le design de chaussures. Je mets tout mon cœur là-dedans », explique-t-il le plus humblement du monde.
La découverte du groove
Déjà tout jeune, il est inspiré par les arts, le théâtre, le dessin technique. Mais c’est la musique qui lui montrera la voie. « J’étais fou de Musique Plus, Much Music, j’ai grandi avec les vidéoclips. J’aimais beaucoup David Bowie, Cyndi Lauper, Duran Duran, tous ces groupes pops, catchy, au style individuel très prononcé ». À 12 ans, sa découverte du clip Groove is in the Heart, de Deee-lite, sera une véritable rencontre, de celles qui changent une vie. « Leur style, leur musique, leur personnalité m’ont vraiment fasciné. Je croyais que c’était eux qui avaient inventé le soulier plate-forme, sans savoir que c’était inspiré de la mode rétro des années ’70 », ajoute-t-il.
Quelques semaines après cette révélation, il trace son premier croquis de chaussure et un autre lors d’un cours d’art, puis reçoit un livre sur les chaussures. « Durant mes dernières années à l’école secondaire, j’étais véritablement passionné par les chaussures. Tout le monde qui allait à l’école avec moi le savait ». Puis, un ami lui donne un article qui parle de design de chaussures. « C’était sur John Fluevog, le designer des chaussures de Lady Miss Kier, de Deee-lite! J’avais environ 14 ou 15 ans. Découvrir qu’il s’agissait d’un vrai métier a été un moment marquant ».
Le jeune Jérôme se met activement à la recherche des programmes et écoles où ce type de design se donne. « Il faut dire que mon professeur d’éducation au choix de carrière et ma mère ont été d’une aide incroyable. Ils m’ont aidé à chercher les programmes, les écoles où ce type de design se donnait. Les écoles de design de chaussures étaient toutes à l’international, en anglais. Un grand défi, un peu trop grand pour moi à l’époque ». Il opte donc pour le Collègue Lasalle, en design de mode, « car c’est ce qui se rapprochait le plus du design de chaussures. Là-bas aussi, mes profs, tout le monde savait, que moi, c’était la chaussure qui m’intéressait ».

Grâce à la bourse de la Fondation de la mode de Montréal, qu’il reçoit deux ans d’affilée, il complètera sa formation à Londres, au très réputé London’s Cordwainers College, en design de chaussures et accessoires, où ont été formés notamment les Jimmy Choo et Patrick Cox. « Être dans une nouvelle ville comme Londres m’a ouvert les yeux sur tout ce qui se faisait en design, et beaucoup influencé. » Après ses études, il trouve facilement du travail, auprès de plusieurs designers européens et non les moindres (John Rocha, Matthew Williamson, John Richmond). Puis il reçoit une offre à Los Angeles et décide de faire le saut aux États-Unis… mais s’ennuie rapidement dans ce nouvel emploi. Qu’à cela ne tienne, c’est ainsi qu’il démarre sa compagnie et lance sa première collection, avec ses propres moyens!
Depuis, trois collections de Jérôme C. Rousseau se sont succédées dans les plus chics magasins d’une quinzaine de pays. À l’aube de mettre en marché sa quatrième collection (printemps-été 2010), on peut à présent se procurer ses vertigineuses créations chez Holt Renfrew, à Montréal et chez Tohu Bohu, à Québec. « Une boutique menée par une mère et sa fille, deux belles femmes, élégantes, qui ont la passion de la chaussure haut de gamme ».
Avis aux maniaques de chaussures craquantes : les derniers modèles de Jérôme C. Rousseau seront disponibles à la mi-février 2010.
En attendant, visitez le : www.jeromecrousseau.com
Nouveautés :
La collection fait partie d’une scène importante dans le nouveau film de Terry Gilliam, The imaginarium of Doctor Parnassus (L’imaginarium du Dr Parnassus) sorti en novembre dernier. Dans l’une des scènes, Johnny Depp se retrouve dans un monde de chaussures géantes, des stilettos multicolores et métalliques, tous signés de la griffe Jérôme C. Rousseau. C’est une scène magique, absolument époustouflante! « Je suis un grand fan de Terry Gilliam, donc ça me fait énormément plaisir » de dire le designer.












